Jazz, Rumba & Calypso 001 1893-1909

Ce premier épisode de « Jazz, Rumba & Calypso – Une Histoire de quelques Musiques noires et créoles à travers le phonographe et le cinéma » est consacré aux années 1894-1909. C’est durant cette période que sont gravés les premiers…

0
(0)

Ce premier épisode de « Jazz, Rumba & Calypso – Une Histoire de quelques Musiques noires et créoles à travers le phonographe et le cinéma » est consacré aux années 1894-1909. C’est durant cette période que sont gravés les premiers témoignages discographiques de la culture afro-américaine, dès 1890, et afro-cubaine, dès 1905. En outre, quelques rares films illustrant la première nommée subsistent. Je me suis attaché à présenter quelques-uns de ces documents dans un ordre chronologique aussi strict que possible, en les situant dans leur contexte. Si celui dans lequel évolue les communautés d’origine africaine aux États-Unis paraît très différent de celui affectant l’histoire de la communauté afro-cubaine, les unes et les autres ont en commun un passé d’oppression et de déracinement. Arrachées à leur terre d’origine pour être transportées dans le Nouveau-Monde afin d’en extraire les ressources pour le compte de leurs maîtres européens, ces populations ont perdu, avec leur liberté, le statut social propre à chaque individu, défini par ses liens familiaux, sa langue ainsi que ses modes d’expression culturelle et religieuse. L’esclavage a été la condition de la plupart des personnes qui les composent jusqu’à la défaite des États du Sud dans la guerre civile opposant ceux-ci au reste de l’Union, en 1865, et jusqu’en 1886 à Cuba, alors une colonie de la couronne d’Espagne. Un événement capital va unir de manière durable les destinées de l’île à son puissant voisin nord-américain : l’intervention des États-Unis dans la guerre de libération menée par les Cubains contre la domination espagnole en 1898, dont le résultat est la mise sous tutelle américaine de la République cubaine. Durant la période évoquée par mon récit, les Afro-Américains au nom de l’idéologie suprémaciste blanche, achèvent d’être dépouillés des droits juridiques et politiques qui avaient fait d’eux des citoyens à part entière, tandis que les Afro-Cubains voient leurs espoirs de le devenir ruinés par les élites dirigeantes de la République cubaine, lesquelles cherchent à marginaliser la minorité d’origine africaine.
Ce processus suscite de la part des uns et des autres une vigoureuse résistance, qui se manifeste dans tous les domaines de la vie socio-économique, politique et culturelle. C’est donc au récit, à partir de l’invention des moyens modernes de diffusion que sont le disque et le film, de l’affirmation par quelques communautés d’origine africaine vivant en Amérique de leur irréductible originalité sur la scène de la musique populaire que je vous convie.
Michel Caillat, aka DJ Mitch
5 avril 2020

0 / 5. 0