Classe Libre N°3 – Les visages de la ville, Paris vu par…

Edito de Patrick Sandrin : Il nous a semblé évident d’inclure dans notre programme de colloques sur le cinéma un sujet sur le décor et en particulier la ville dans la vision et l’utilisation qu’en font les cinéastes. Réalisme, naturalisme…

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Edito de Patrick Sandrin :

Il nous a semblé évident d’inclure dans notre programme de colloques sur le cinéma un sujet sur le décor et en particulier la ville dans la vision et l’utilisation qu’en font les cinéastes.
Réalisme, naturalisme ou cinéma de genre, le décor contribue toujours à la dramaturgie de l’histoire et du film, il indique un style et un univers .
Les incessantes ruptures qui ont marqué les modernités dans l’histoire “du septième art” furent pour le décor et son utilisation l’un des enjeux prédominants.
Avec Paris, nous évoquerons la ville au cinéma, théâtre et coulisse de la grande histoire, comme des plus particulières. Si la ville s’expose dans son exotisme, ses moeurs et les différents phantasmes qu’elle produit, les cinéastes viennent y mettre en scène leur propre vision.
Thierry Paquot et T.N Binh alias (Yann Tobin) font autorité. Ils viendront nous montrer et nous parler, sous l’érudite autorité de Charles Tesson, les films de ces grands cinéastes qui dans leurs diversités de styles et à des époques différentes ont filmé Paris, “LA VILLE AU CINÉMA”.

Edito de Charles Tesson :

Le cinéma est né dans les villes, où il a grandi, s’est développé, avant devenir à son tour, à travers les salles de cinéma, un de ses pôles d’attraction. Cette symbiose naturelle entre ville et cinéma s’est exprimée de multiples façons, de sa capture à visage découvert par des films qui restituent la réalité du décor de la ville, en toile de fond (ses monuments, qui permettent le plus aisément de l’identifier), à sa reconstruction en studio, copie plus ou moins conforme ou volontairement déformée (l’expressionnisme allemand) de ses multiples aspects.
Très vite, le cinéma a dissocié la ville à voir (le théâtre de la rue, le plaisir de la visite, la déambulation et la marche) de la ville à vivre. Plus que la ville en tant que telle, dans sa matérialité littérale, le cinéma s’est attaché à capter le sentiment d’une ville, cette sensation particulière d’un vivre ensemble, aux connexions multiples, qui varie selon les cinéastes. Le Tokyo du cinéma d’Ozu a peu de choses à voir avec celui filmé par Oshima, même s’il s’agit pourtant de la même ville. Même chose pour Paris, New York…
Comment le cinéma peut traduire la ville, l’exprimer ? Se limite-t-il à montrer le visage extérieur de la ville (ses rues) ou bien peut il saisir une manière de vivre ensemble propre au tissu urbain ? D’autant que le cinéma ne se contente pas de restituer la ville à l’image de ce qu’elle est, il l’envisage à sa manière, allant jusqu’à imaginer les villes du futur (le cinéma de science-fiction), l’utopie plus ou moins heureuse d’une urbanité du futur (Metropolis de Fritz Lang).
En compagnie de Thierry Paquot, nous parlerons dans un premier temps de toutes ces questions générales concernant la ville au cinéma et, dans un second, avec N.T. Binh, nous examinerons plus particulièrement la façon dont le cinéma, des origines à nos jours, a regardé Paris.

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